Vallée d’Aoste : Le génépi comme choix de vie
À Valsavarenche, l’une des vallées les plus isolées de la Vallée d’Aoste, Emilia Berthod cultive bien plus que du génépi. Depuis une vingtaine d’années, elle a fait le choix de s’ancrer dans un territoire extrême, en tissant un lien direct entre une plante alpine exigeante, la montagne et les personnes qui viennent à sa rencontre.
Valsavarenche compte à peine 80 habitants en hiver, sur plus de 160 kilomètres carrés. Vivre et travailler dans cette région implique des contraintes que tout le monde n’est pas prêt à accepter. C’est pourtant dans ce cadre, au cœur du Parc national Grand Paradis, qu’Emilia Berthod a choisi de s’installer.
Ancienne comptable, elle change de vie il y a une vingtaine d’années, alors enceinte de sa deuxième fille. Une annonce pour une culture expérimentale de génépi attire son attention. « Tout le monde riait quand je disais vouloir cultiver du génépi », se souvient-elle. Soutenue par son père, elle commence avec 10 000 plants. Ce qui devait être un essai ne s’est jamais arrêté.
Une plante sans mode d’emploi
Le génépi est une plante alpine qui pousse naturellement à près de 2500 mètres d’altitude. Emilia le cultive à 1400 mètres, dans des conditions qui sollicitent fortement la plante. « C’est une culture extrême, sans véritable mode d’emploi. Après vingt ans, je suis encore en expérimentation », explique-t-elle.
Le réchauffement climatique complique encore les récoltes, rendant certaines saisons incertaines. Pour continuer, elle a dû diversifier sa production avec d’autres herbes de montagne. Ici, l’adaptation fait partie intégrante du métier.
De la plante à la liqueur
Cette attention constante se retrouve dans chaque étape de transformation. Les graines sont confiées à un pépiniériste, puis replantées sur place. La plante ne fleurit qu’à partir de la deuxième année. Les fleurs sont cueillies à la main, aux ciseaux, puis séchées.
Pour la liqueur traditionnelle, elles macèrent un mois dans l’alcool avant filtration. Le génépi blanc suit un procédé plus délicat : les plantes ne touchent jamais l’alcool, seules les vapeurs captent l’huile essentielle. Le résultat est une liqueur plus fraîche, plus balsamique, qui surprend souvent à la dégustation.
Accueillir, expliquer, transmettre
Emilia produit également des tisanes, des biscuits et des plantes séchées. Ses produits sont vendus en ligne, dans quelques boutiques régionales et sur de nombreux marchés, parfois jusqu’à la Côte d’Azur. Vivre dans une vallée isolée implique d’aller à la rencontre des gens.
Elle accueille aussi des visiteurs sur réservation. « On n’achète pas seulement un produit, mais une expérience », explique-t-elle. Ces moments d’échange permettent de comprendre le territoire, les montagnes et la réalité quotidienne d’un travail étroitement lié à la nature.
Une aventure collective
Travailler seule n’est pas une option durable. Emilia collabore avec un pâtissier, un chocolatier, et s’est associée à d’autres petites entreprises locales pour les marchés. Ce réseau permet de partager les bons moments comme les périodes plus difficiles.
À Valsavarenche, le génépi devient ainsi un fil conducteur : celui d’un choix de vie, profondément ancré dans une vallée rude, mais habitée par des femmes et des hommes qui continuent de la faire vivre.
Portrait
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